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Vendredi 29 Février 2008



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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

Obligatoire
LE PATIENT. — À propos, sauf erreur de ma part, tu n'as pas commenté le « casse-toi pauvre con » de notre bon Coach Suprême survitaminé et hyper-réactif…
e-PEUTE. — Exact. Pas de commentaire.
LE PATIENT. — Putain ! Tout le monde l'a blogué. Tu vas pas me dire que t'en as pas une…
e-PEUTE. — Une seule : pas envie de me salir.

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Dimanche 24 Février 2008

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

« On ne peut pas laisser des monstres en liberté après qu'ils aient purgé leur peine. »


Encore un joli sarkolème !


JOURNALISTE. — C'est quoi, un sarkolème ?
E-PEUTE. — Une proposition émotivement imparable et logiquement stupide.
JOURNALISTE. — Commençons par le côté émotion…
E-PEUTE. — « Tu peux sortir, mon coco, le Mogu (le Migou) est attaché. », dirons-nous, pour le rassurrer, à un enfant impressionné par l'obscurité ou par le brouillard. On remarquera qu'il convient de manifester au préalable son attachement à la personne qu'on envoie ainsi dans les brumes et les ténèbres, par exemple en l'appelant « mon coco ». Il faut que le sarkologue continue à travailler ce point qui manque à son sarkolème.
JOURNALISTE. — Ce point n'est pas la seule composante de l'émotion…
E-PEUTE. — Non, bien sûr ! Il y a aussi le monstre. C'est quoi un monstre ? Tout simplement, quelqu'un qui fait peur. Un monstre est entièrement fabriqué par tout ce que nous projetons sur lui. S'il n'a pas de poil aux pattes, nous lui en inventons. S'il n'a pas l'haleine putride, nous la lui attribuons. Etc.
JOURNALISTE. — Mais enfin, un monstre est tout de même un monstre…
E-PEUTE. — Votre remarque vous expose à entrer de plain pied dans le sarkolème : vous vous retranchez dans une évidence plutôt que de vous interroger sur ce qui la fonde. Vous vous protégez à tout prix, et ne voulez surtout rien entendre qui puisse ébranler vos certitudes. En gros, vous vous barricadez dans les quelques bribes de connaissances qui vous permettent, d'ordinaire, de conduire votre vie ordinaire. Vous évitez les situations imprévues comme les propos inattendus. Vous conduisez votre vie comme un rituel à répéter chaque jour à l'identique. En bref, vous êtes, comme disent certains, un psychorigide.
JOURNALISTE. — Un psychorigide ? C'est quoi, au juste ?
E-PEUTE. — Un monstre…

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Lundi 04 Février 2008

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins votre prière au web sémantique 

Histoire d'eau
THEATRE DE RUE. — Une pièce conçue et improvisée par la Compagnie « L'Isoloir », avec l'assistance du CIDAGG, le Centre international de déconothérapie appliquée de La Gare de Ghisonaccia. Théâtre Municipal de Ghisonaccia, le 9 mars 2008.


L'argument de la pièce pourrait faire penser à Vaudeville. Il n'en est rien. Nous plongeons directement dans les registres de la tragédie antique, bien que le texte ne soit pas en alexandrins, et que les acteurs substituent au phrasé particulier de la Comédie Française un accent chantant et romantique à souhait, celui des mornes plaines de la bordure orientale de la Corse.
Imaginez une municipalité conduite par un maire de transition, qui n'est rien d'autre que la doublure loyale (et la femme fidèle) du maire « de sang et de clan », hélas écarté du pouvoir pour une pécadille qui a, plus que de raison, irrité la justice. Il fut, en effet, par elle invalidé et par la force publique débarqué de son bureau manu militari, non sans prendre la sage précaution de laisser le trousseau de clef à sa Légitime, qui passa de ce fait — par le truchement d'une élection hâtive — du statut de « mairesse » à celui de « maire ». Madame donne donc dans le gouvernement de transition. Une sorte de régence un peu particulière où elle conserve au chaud la place de son Légitime, le temps qu'il retrouve son éligibilité perdue à cause, dit-on, d'un camion-poubelle. La division des rôles sexuels n'agite pas tant la pièce que la division sexuelle des rôles. En effet, l'essentiel de l'argument tourne autour de son inversion, qui — transitoirement, on l'a dit — conduit l'épouse sur le trône municipal tandis que le mari s'occupe de la cuisine électorale. Toute la pièce déroule sa tension vers un nouveau changement de rôle, espéré et attendu. Le Destin restituera-t-il à l'homme son sceptre et sa vacuité superbe ? Le même Destin rendra-t-il à l'épouse ses casseroles, abandonnées le temps que s'efface celle de Monsieur ? Mais le même Destin — là est le sens du tragique, dans toute la profondeur de sa dimension humaine — n'a pas à s'occuper que de Monsieur-Madame. Le Destin n'écrit jamais un duo ! Le Destin exprime une voix plus profonde, plus collective, plus réfléchie, plus travaillée et, finalement, mieux assumée : le Destin écrit l'Histoire !

Comme il n'y a pas d'intrigue sans intrigants, on en verra quelques uns mettre leur grain de sel dans les certitudes du moment, et leurs grains de sable dans les mécaniques désuettes qui les forment. Et l'on comprendra que tous ces grains de sel et de sable peuvent, à eux tous, plus sûrement forcer le Destin qu'un simple retour, donné pour normal et légitime, à la case départ d'avant le camion-poubelle.


EXTRAIT
LE DECHU. — Mon siège ! Mon siège ! (Il court de long en large dans la pièce vide.).
LA DOUBLURE
. — C'est politique ! C'est politique ! (Elle brandit, folle de rage, le texte de la pièce où elle joue son propre rôle.)

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Lundi 21 Janvier 2008

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

Maladie
LE PATIENT. — Salut ! Ça va ?
e-PEUTE. — Et toi ?
LE PATIENT. — Je suis en arrêt maladie.
e-PEUTE. — Tu es malade ?
LE PATIENT. — Pas vraiment. C'est mon chef de service que je vais rendre malade…
e-PEUTE. — Comment ?
LE PATIENT. — Il va être obligé de se farcir lui-même la pile de dossiers qu'il a lui-même empilée sur mon bureau.
e-PEUTE. — C'est assez radical ! Tu lui laisse pas le choix…
LE PATIENT. — Halte là ! S'il veut, il peut lui aussi se mettre en arrêt maladie.

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Samedi 12 Janvier 2008

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins votre petite prière au web sémantique 

La Corse à ses raisons que la raison ignore
LE PATIENT. — Tu te rends compte ? Il y a dix-huit organisations nationalistes qui ont appelé à une manifestation devant la préfecture d'Ajaccio.
e-PEUTE. — Et alors ?
LE PATIENT. — Ça montre qu'ils commencent à se mettre d'accord.
e-PEUTE. — Ça peut aussi représenter une scission en dix-huit groupes porteurs de dix-huit raisons inconciliables de faire tous la même chose.
LE PATIENT. — Tu sais que tu me gonfles avec tes réflexions second degré au carré ?

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

Le bas de gamme finance le haut de gamme
LE PATIENT. — Putain ! T'as vu ce que fait Orange ?
e-PEUTE. — Merde ! Bordel de merde ! Je viens juste de bazarder l'opérateur historique contre un opérateur low-coast !
LE PATIENT. — T'as bien fait. L'opérateur historique suce en douce ses millions de petits abonnés benêts et offre aux gros le service d'une super bonne à tout faire. À tout les coups, un service facturé à leur boîte. La double enculerie, si tu vois ce que je veux dire.
e-PEUTE. — Je vois.
LE PATIENT. — Ça te révolte pas ?
e-PEUTE. — Non. Ça me sidère.

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Mercredi 09 Janvier 2008

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

Titre à compléter
LE PATIENT. — J'ai bien avancé le livre sur ma grand-mère…
e-PEUTE. — Combien de pages ?
LE PATIENT. — J'ai juste complété la page de titre.
e-PEUTE. — Tu as ajouté le nom de l'éditeur ?
LE PATIENT. — Vas pas trop vite ! J'ai pas encore choisi l'éditeur. J'hésite toujours entre Albiana et L'Harmattan.
e-PEUTE. — Et le titre ?
LE PATIENT. — Justement… Jusqu'à ces derniers jours, ça s'appelait « Mammò ». Mais j'ai eu une très longue discussion avec mon locataire qui est formateur au CFA. Il pense que je devrais préciser si c'est ma grand-mère de Lupino ou celle de Montesoro. Toi, tu ferais quoi ?
e-PEUTE. — Je déposerai tout de suite une demande de subvention.

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Mardi 08 Janvier 2008

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OUF !
 

Une revue de presse bien arrosée
LE PATIENT. — T'as remarqué le dernier numéro du mensuel Corsica (janvier 2008) ?
e-PEUTE. — Qu'est-ce qu'il a de remarquable ?
LE PATIENT. — Deux chiffres. D'une part, c'est le numéro 100. D'autre part, il annonce 49 raisons pour en finir avec les corses. Ça te trouble pas ?
e-PEUTE. — Qu'est-ce qui devrait me troubler ?
LE PATIENT. — 100, c'est un chiffre rond. Mais pas 49. J'en déduis donc qu'il y a, en fait, 50 raisons, mais qu'ils nous en cachent une.
e-PEUTE. — Et tu as une idée ?
LE PATIENT. — À mon avis, la cinquantième raison d'en finir avec la Corse, c'est que les corses soutiennent de manière anormale leur presse locale. Tu me diras où — ailleurs qu'en Corse — une population de 260 000 habitant s'offre le luxe d'un mensuel d'information générale !
e-PEUTE. — C'est effectivement un luxe. Pareil pour le Journal de la Corse : le plus ancien périodique de toute l'Europe. Et j'ajoute même Ci Simu, qui est loin de fêter son centième numéro, mais qui réussit à faire tous les deux mois 60 pages bien léchées sur l'actualité culturelle d'une île qui a la réputation de manier l'explosif plus facilement que le stylo.
LE PATIENT. — Tu connais ma théorie du trou de balle ?
e-PEUTE. — Dis-moi…
LE PATIENT. — Tu écris, personne ne prend la peine de lire. Tu trace avec l'outil adéquat un impact de balle sur une façade choisie, là tu es sûr d'avoir au moins un accusé de réception qui dénonce avec fermeté la stupidité totale de ta ligne d'écriture. Conclusion : contrairement à ce que l'on croit, les manifestations d'intelligence restent le plus souvent lettre mortes tandis que les actes à la con provoquent au moins des réactions d'indignation tout aussi stériles que ce qu'elles dénoncent.
e-PEUTE. — Tes conclusions ?
LE PATIENT. — La cinquantième raison d'en finir avec la Corse, c'est celle qu'il est inutile d'écrire noir sur blanc dans les colonnes d'un journal local.
e-PEUTE. — Tu serais pas un peu déprimé en ce moment ? … Je te double ta dose de P&M PURE MALT…


Notarella
« Le P&M PURE MALT se distingue par la douceur de ses arômes, exaltés en partie par le vieillissement en fûts de chêne de la forêt de Troncet. Ces fûts ne subissent qu’un léger brûlage, afin de respecter le profil aromatique des malts de Pietra. Un premier entonnage de malvoisie et de muscat petit grain du domaine Gentile à Patrimonio en a enrichi les tanins d’arômes subtils de miel, d’abricot et d’agrume. Un ultime assemblage avec des fûts ayant contenu des eaux de vie du Domaine Mavela finalise un bouquet aromatique très complexe. »
(Fiche-produit siphonée-collée à la main au clic de souris sur tapis antidérapant posé sur bureau empire en marquetterie de bois exotiques et sur sous-main en galuchat grand teint céruléen rehaussé de dorures au fer aux armes du cliqueur-blogueur.)
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Vendredi 28 Decembre 2007

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins votre petite prière au web sémantique 

Le mot sur le bout de la langue
LE PATIENT. — Toi qui sais tout… C'était quoi son nom à la maîtresse d'Hitler ?
e-PEUTE. — Eva.
LE PATIENT. — Ça je sais. Mais Eva comment ? Je l'ai sur le bout de la langue.
e-PEUTE. — Braun. Eva Braun.
LE PATIENT. — C'est ça ! Braun. Brun, en français, Bruni en italien. Tu te rends compte ?
e-PEUTE. — Et t'en tires quoi ?
LE PATIENT. — Rien. Juste un truc mnémotechnique.
e-PEUTE. — Bien sûr ! Juste une petite ficelle… Quand tu enfiles des perles, fais quand même attention de pas tout mélanger.
LE PATIENT. — Justement, c'est la même couleur.
e-PEUTE. — Tu sais quoi ? Aujourd'hui, tu me fatigues. Tu veux pas qu'on en reste là ?
LE PATIENT. — Putain ! T'as vraiment le chic pour casser la conversation.

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Samedi 22 Decembre 2007

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OUF !
LE CONSEIL DU JOUR / N'oubliez pas de faire tous les matins un petit coucou à l'Elysée et une grosse bise à Nicolas Princen 

Si t'étais Président…
LE PATIENT. — Suppose que tu sois Président, tu t'y prendrais comment ?
e-PEUTE. — Pour quoi faire ? Pour ouvrir les huitres ? Repeindre mon salon ? Chercher une place de parking ? Organiser mes petites vacances ?
LE PATIENT. — Arrête un peu ! Tu t'y prendrais comment pour gouverner ?
e-PEUTE. — Tu veux des recettes qui marchent à tous les coups ou un principe de pédagogie politique ?
LE PATIENT. — Des recettes, pardi ! La pédagogie, n'importe quel cancre te la casse en deux.
e-PEUTE. — Dans ce cas, je favoriserai la carrière des cancres pour me dispenser de pédagogie.
LE PATIENT. — Tous les cancres ? Tu déconnes, j'espère…
e-PEUTE. — Pas tous les cancres. Uniquement les cancres contre. Ça permet de faire passer l'idée qu'avec des opposants de ce calibre, la pédagogie ne sert plus à rien. C'est une recette. Elle est simple. Elle installe petit à petit l'opinion selon laquelle opposant, cancre et tordu, ça va ensemble.
En ce qui concerne ceux qui sont pour, cancres ou pas cancres, ils ont l'air de tellement savoir pourquoi ils marchent ou galoppent derrière moi qu'un discours pédagogique les vexeraient.
LE PATIENT. — T'as rien de plus simple ?
e-PEUTE. — Oui. Le faire sans en dire un mot.

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